-Tu es en retard. Balbutia un homme couvert de sueur. Cet homme en question se nommait Aron Springer : dans la cinquantaine, à moitié chauve, gras comme la plupart des américains, il était propriétaire d'une compagnie d'assurance. C'est tout ce qu'elle savait sur son compte et c'était bien assez. Le seul compte qui l'intéressait était le sien après que cette débarbouillette humaine lui ait donner son chèque.
-Relaxe...tu as déjà chaud et ce n'est même pas commencé.
-Toi aussi tu aurais chaud si tu avais ma femme au cul ! Et en plus, j'ai des problèmes au bureau. Je crois qu'ils se doute de quelque chose...
-Et alors, en quoi est-ce mon problème? Pourquoi la majorité des clients se sentent obliger d'évoquer leur femme, sincèrement qu'est-ce que j'en ait à foutre? D'ailleurs, j'ai pitié de cette pauvre femme qui doit se coltiner un tel mari. Pas étonnant qu'elle ne veut plus le baiser...
-Assez parler, plus vite nous commencerons, et plus vite je serais à la maison. Tu les as?
-Mais moi je suis une professionnelle mon chère monsieur. Extra large, large, small, extra sma...
-Extra large! Dit-il avec une pointe de fierté dans la voie.
Comme ton tour de taille, gros porc...
-Après tout ce temps, tu devrais le savoir...
-Tu n'es pas le seul chat que j'ai a fouetté! Le fouet ça je connaîs.
Pendant qu'il déboutonnait maladroitement son pantalon fraîchement repassé (sans doute par sa femme) , elle remarqua le chauffeur de la limousine qui l'observait à travers le rétroviseur, ou devrais-je dire la chauffeuse. Embarrassée, la voyeuse pencha la tête et ses magnifique yeux bleus disparurent du petit miroir.
-C'est qui elle? Steven ne travaille plus pour toi?
-Hein de qui? Ah...elle, c'est l'agence de limousine qui me l'a envoyé. Steven à changer de ville.
-C'est moins pratique, tu devras acheter son silence. Pas comme avec Steven, le sien était gratuit, il était muet!
-Steven n'avait pas à se plaindre, il pouvait se rincer l'½il gratuitement... et de toute façon l'agence ma dégoté cette fille, à ma demande spéciale.
-Parce qu'elle est mignonne?
-Non, parce qu'elle ne parle pas un mot anglais! Regarde. Hey! Qu'elle est la différence entre une dinde et toi? Aucune, j'ai tout les deux envi de vous farcire! Ha! Ha! Ha!
Seigneur...peut-être que si j'embrasse cet imbécile il voudra la fermer.
-Très drôle, mais on n'a pas toute la nuit. Est-ce qu'elle va regarder? Demanda-t-elle, impatiente d'en finir.
-J'en sait rien...t'a qu'a lui demander.
Elle s'avança vers le siège conducteur avant de lancer :
-Excuse-moi...Parles-tu français? eh... Hablese espanol? ou...Vy govorite po-rousski?
-Da... Répondit-elle timidement.
-Elle parle russe! Le surprise fut telle, qu'elle se cogna la tête contre le plafond du véhicule.
-Et alors?
-Alors rien...à l'attaque.
-Tu ne lui demande pas si elle regar...
-Non, je ne connaît pas bien cette langue, elle n'a qu'à faire ce qu'elle veut.
Rien n'était plus faux, elle connaissait ce langage sur le bout des doigts, c'était d'ailleurs sa langue maternelle, mais il ne faut pas aborder ce sujet, du moins pas tout de suite. De toute façon, se doigts étaient occupés à autre chose...
Ce fut bref, certains disent que le sexe est un art, d'autres une discipline, la vérité c'est que le pauvre Aron n'a rien d'un artiste et encore moins d'un athlète. Elle se rhabilla à la hâte, prit son chèque et partie sans un mot. Elle avait assez donné dans l'oral pour ce soir. Arrivé à son appartement, elle se dévêtis puis alla prendre sa douche. En revenant du travail, c'était la première chose qu'elle faisait. Ses larmes se confondaient avec l'eau qui lavait son corps ainsi que son esprit troublé. Une cassure de plus. Combien de temps les fondations tiendraient-elles le coup? C'était la routine, la sienne. Seulement, ce soir, il y eu quelque chose de différent, une naissance...celle d'un sourire. Causé par deux prunelles indiscrètes. Elle a regardé...

